mercredi 4 avril 2012

Aung San Suu Kyi

Enfin ! J’ai rarement été aussi touché par des élections, à part peut être par l’investiture de Barack Obama.
Mais là, Chapeau !

C’est en partant pour l’Asie que j’ai commencé à m'intéresser à l’histoire de cette femme birmane, puis à travers le film de Luc Besson « The Lady ».

Daw Aung San Suu Kyi, née le 19 juin 1945 à Rangoon, est une femme politique birmane, figure de l'opposition non-violente à la dictature militaire de son pays, prix Nobel de la paix en 1991.
Elle est secrétaire générale de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), opposée à la dictature en place et qui remporte les élections générales en 1990, élections annulées par la junte. Elle ne peut exercer son activité politique, étant placée en résidence surveillée par la junte militaire au pouvoir, mais bénéficie d'un important soutien international (comme celui de neuf lauréats du prix Nobel) contre la junte birmane. Elle est libérée le 13 novembre 2010.

Si ce n’est encore pas une victoire démocratique et politique au sens large du terme, il est important de saluer le combat que mène cette femme depuis plus de 20 ans… qui commence à porter ses fruits.

En dessous des coupures de presse … 
© Le Télégramme / AFP
 
C’est dimanche que la nouvelle est tombée : C'est confirmé par les médias d'Etat : Aung San Suu Kyi, opposante emblématique au régime birman, a été élue députée, pour la première fois. Son parti a remporté une victoire écrasante, avec au moins 40 des 44 sièges qu'il briguait. Les résultats dans les cinq autres circonscriptions en jeu n'ont pas encore été annoncés. 

Un enjeu symbolique énorme
Pour la lauréate du Prix Nobel de la paix, cette victoire, - et sa reconnaissance-, est une grande première. La "dame" de Rangoun avait triomphé aux élections de 1990, sans que la junte ne reconnaisse jamais les résultats. Elle était encore en résidence surveillée en novembre 2010, lors des législatives boycottées par la LND et qualifiées de mascarade par l'Occident. De ce fait, la fille du héros assassiné de l'indépendance, le général Aung San, incarne, seule et depuis 20 ans, la résistance à l'oppression.

Son élection est donc un événement historique. Selon les analystes, le gouvernement a lui-même intérêt à voir l'opposante intégrer l'échiquier politique officiel et triompher sous le regard de la communauté internationale.

L'espoir d'un «printemps birman»
La tenue de ces élections entre, en effet, dans un contexte de réformes plus générales, menées par le gouvernement, des anciens militaires réformateurs arrivés au pouvoir il y a un an. Ils essaient, à travers elles, de lever les sanctions occidentales qui étranglent l'économie du pays.
Dans les chancelleries occidentales, l'heure est à l'euphorie depuis quelques mois sur les chances de réussite d'"un printemps birman". Mais selon les analystes, c'est Suu Kyi, elle-même, qui décidera du moment opportun de lever ces sanctions.

Mais même si la LND remportait les 44 circonscriptions où elle présentait des candidats, le nouveau régime n'a de toute façon rien à craindre.

Le Parti de la solidarité et du développement de l'union (USDP), créé de toutes pièces par l'ancienne junte, avait revendiqué environ 80% des sièges en 2010. Et un quart des parlementaires sont, en vertu de la Constitution, des militaires d'active désignés en marge du processus électoral.

Crédit photo : © Libération

1 commentaire:

  1. Je suis impressionnée par cette femme qui a sacrifié sa vie et sa famille pour défendre son peuple. En plus elle est restée humble et discrète, rien à voir avec les politiques de chez nous. Une vraie leçon de vie à elle toute seule.
    Bises <3

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